J'ai vu mon médecin ce matin pour lui parler de mes nausées et de ma fatigue. Je suis repartie avec le papier qui m'autorise à rester chez moi et pour la première fois depuis 8 semaines j'ai commencé à réfléchir.

Il y a quelques semaines une amie à qui j'avais prêté le livre d'Isabelle Brabant, "Une naissance heureuse", me l'a rendu, un peu apeurée, me confessant qu'elle l'avait juste ouvert et ne se sentait pas prête. Je n'ai fait aucun commentaire, lui disant simplement que si elle voulait me le ré-emprunter dans quelques mois (elle en est à 5,5), il n'y aurait aucun problème. Je me sentais en réalité un peu blessée, juste un peu, étonnée aussi. Avez-vous lu ce livre ?

Il fut mon guide en attendant Clotilde, et en le rouvrant un soir, alors que je pensais le ranger, j'ai eu une irrépressible envie de pleurer. Les mots de cette femme sont ceux que j'aimerais entendre à nouveau. Pas ceux de celle qui me dit de ne pas manger de petits pois car il y a trop de sucre dedans, et ne m'a rien dit quand je lui ai avoué ne pas vouloir de deuxième césarienne. Peut-être qu'un jour mon amie aura besoin de lire ces mots-là.
Je ne me sens pas accompagnée. Je me sens très seule et, toute dévouée à la petite fille que j'ai déjà, ce deuxième bébé ne se manifeste que par des dérangements. Je n'en peux plus et ce matin je me suis posé les bonnes questions.

J'ai eu l'idée de regarder des vidéos de césarienne sur Youtube. Je me suis rendue compte que je ne l'avais jamais fait. Ni avant, trop sûre d'y échapper, ni après, trop décidée à oublier.
Là, encore, gros sanglots...
Ces vomissements qui me pourrissent la vie ont peut-être un sens. C'est purement mécanique, certes (l'utérus qui appuie sur l'estomac, etc). Mais cette boule d'angoisse qui m'étreint, ce désir de faire un AVAC qui se fait chaque jour plus puissant, voilà ce qui aussi me tord le ventre. C'est marrant, hein, comme on y revient toujours, à cette coupure dans le ventre...

J'ai envie d'avoir le choix, dans la mesure du possible bien sûr. Pour une naissance vécue pleinement. J'ai le livre sur le bureau, là, et je feuillette les pages. J'ai les yeux rouges. Ah les hormones...